"L'écume des jours" de Boris Vian
J'en parlais il y a peu avec un ami, "L'écume des jours" est et restera un de mes livres préférés.
Du coup, j'ai pris plaisir à le relire pour la dixième fois sûrement, tout en cherchant ce qui me plaît autant dans ce roman.
Résumé:
Tout d'abord l'histoire d'amour, car c'est bien de cela dont il est question, entre Chloé et Colin.
Colin est un jeune homme bien sous tout rapport mais il a envie d'être amoureux. Il rencontre Chloé à une fête en tombe amoureux et se marie avec elle. Malheureusement, Chloé tombe malade (après être tombée amoureuse), un nénuphar lui pousse dans la poitrine. Colin met tout en oeuvre pour lui rendre la vie meilleure, quitte à se mettre à travailler pour lui offrir tout ce dont elle a besoin.
Mon avis:
Au-delà du malheur qui s'abat sur Colin, je trouve ce livre extraordinairement poétique. Un univers emplit d'absurde, de jeux de mots à la Queneau, pour nous permettre de regarder le monde avec un oeil nouveau.
Malgré les thèmes sérieux abordés comme le travail, la mort ou la religion, Boris Vian nous plonge dans un univers déroutant et surréel avec l'appartement de Colin qui rétrécit et devient de plus en plus obscure en fonction de l'humeur de celui-ci, la petite souris grise aux moustaches noires qui prend soin de Chloé, et la thématique de l'écume et des marécages qui nous enlise avec les personnages.
Mais ce qu'il reste malgré tout quand on referme ce roman, c'est un élan positif, c'est cette poésie qui transcende le monde qui nous entoure et qui me donne à moi un sourire aux coins des lèvres et la foi en un monde meilleur.
Morceaux choisis:
"Chloé, vos lèvres sont douces. Vous avez un teint de fruit. Vos yeux voient comme il faut voir et votre corps me fait chaud... (...)
Il me faudra des mois, des mois pour que je me rassasie des baisers à vous donner. Il faudra des ans de mois pour épuiser les baisers que je veux poser sur vous, sur vos mains, sur vos cheveux, sur vos yeux, sur votre cou... (...)
Chloé, je voudrais sentir vos seins sur ma poitrine, mes deux mains croisées sur vous, vos bras autour de mon cou, votre tête parfumée dans le creux de mon épaule, et votre peau palpitante, et l'odeur qui vient de vous..." (chapitre 16)
"L'auto s'était arrêtée devant un hôtel au bord de la route. C'était la bonne route, lisse, moirée de reflets photogéniques, avec des arbres parfaitement cylindriques des deux côtés, de l'herbe fraîche, du soleil, des vaches dans les champs, des barrières vermoulues, des haies en fleur, des pommes aux pommiers et des feuilles mortes en petit tas, avec de la neige de place en place pour varier le paysage, des palmiers, des mimosas et des pins du Nord dans le jardin de l'hôtel et un garçon roux ébouriffé qui conduisait deux moutons et un chien ivre. D'un côté de la route, il y avait du vent et de l'autre pas. On choisissait celui qui vous plaisait. Un arbre sur deux, seulement, donnait de l'ombre, et dans un seul des fossés, on trouvait des grenouilles." (chapitre 26)
L'auteur:
Qui ne connaît pas Boris Vian (10 mars 1920- 23 juin 1959)?
Cet homme aux innombrables talents: écrivain, poète, parolier, chanteur, musicien de jazz, critique, compositeur, ingénieur de l'Ecole Centrale, scénariste, traducteur anglo-américain, conférencier, acteur et peintre.
Malheureusement, "L'écume des jours" écrit en 1947, n'a eu aucun succès du vivant de l'auteur.
Fan de jazz, le prénom de l'héroïne du roman est inspiré du morceau éponyme de Duke Ellington:
En plus:
Un film de Michel Gondry avec Audrey Tautou et Romain Duris a été inspiré par le roman de Boris Vian.
Je suis plutôt partagée voire déçue après avoir vu ce film malgré le choix des acteurs que j'apprécie particulièrement. Je trouve que ce film ne rend pas hommage au roman, il tire vers le burlesque plus que vers l'absurde et on a du mal à saisir toute la poésie que l'on perçoit dans le roman. Ceci dit, il est plutôt bien réalisé et Michel Gondry donne son interprétation du roman même si celle-ci ne me touche pas autant que le roman lui-même. Mais c'est le danger avec des livres qui activent autant l'imagination que ceux de Boris Vian.

Julie Anselme Sympa ton article... As tu vu le film?
RépondreSupprimer28 février, 11:28 · J’aime
Caroline Chérie C'est marrant j'en pense tout le contraire... Ce roman m'a déprimé ! Tout le pouvoir des livres...
28 février, 11:38 · J’aime
Geraldine Barberi Ah tiens je suis en train de le relire, Théo l'étudie au collège!
28 février, 11:49 · J’aime
Cyril Hussenet Oui, j'ai bien le même avis que toi Mélanie. Mais à dire vrai, si l'auteur n'avait pas été aussi décalé, je n'aurais jamais aimé.
28 février, 12:48 · J’aime · 1
Mélanie Anselme Julie Anselme oui j'ai vu le film, je donne mon avis à la fin de l'article!
28 février, 13:46 · J’aime
Mélanie Anselme Caroline Chérie je comprends ce que tu trouves déprimant mais j'arrive à voir la poésie malgré tout! et comme tu dis le pouvoir des livres et le pouvoir des mots!
28 février, 13:48 · J’aime · 1
Mélanie Anselme Geraldine Barberi ça m'intéresserait d'avoir l'avis d'un collégien sur ce livre!
28 février, 13:49 · J’aime
Mélanie Anselme Cyril Hussenet d'accord avec toi! c'est le côté très décalé que j'aime bien je crois!
28 février, 13:49 · J’aime
Geraldine Barberi Il a bcp aimé! Mais j'suis pas sûre qu'il ait tout capté, les références notamment.
28 février, 14:06 · Je n’aime plus · 1
Julie Anselme Ha oui je viens de voir... Mon iPhone ne m'a pas affiché le dernier paragraphe... J'attends les sous du début de mois pour changer de tel...